fille qui pose devant la cabane à sucre handfield
Food

Ma première cabane à sucre !

La fin de l’hiver et l’arrivée du printemps sonnent le début d’une période typiquement Québécoise : la saison des sucres ! Le moment où l’on peut transformer la précieuse eau des érables en ce sirop ambré qui viendra nous sucrer le bec avec bonheur.
Pour célébrer comme il se doit ce moment, cap vers les cabanes à sucre ! Je t’invite avec moi dans ma toute première expérience à moins d’une heure de Montréal.


Comme souvent ici, chaque saison apporte son lots d’activités et festivités. Une véritable invitation à vivre pleinement au quotidien, et saisir chaque opportunité. Pour le temps des sucres, c’est entre mi-mars et fin avril en moyenne que les érablières accueilleront les visiteurs. Pas le temps de niaiser, la fonte de la neige et les premières lueurs du printemps sonnent le point de départ d’une saison sucrée et réconfortante. Une façon de ne pas dire au revoir trop vite au cocooning de l’hiver.


C’est quoi une cabane à sucre ?

Même si tu n’habites pas sur place, tu n’es pas sans savoir que le Canada mais avant tout le Québec est connu et reconnu pour son sirop d’érable. Et c’est totalement justifié ! En fait, la production mondiale provient à 80% du Canada, et 90% de la production Canadienne vient de la Belle Province.
Cela s’explique comme bien souvent par des conditions climatiques idéales. Les érables, en plus du fait d’être des arbres magnifiques, aiment les climats rigoureux et les hivers froids et peu ensoleillés en journée. Au printemps, la vie reprend petit à petit et la sève brute circule et remonte depuis les racines.

C’est le moment parfait pour que les acériculteurs commencent leur travail et transforment cette eau d’érable en sirop par un processus de chauffe ancestral, emprunté aux autochtones puis amélioré. Tu as sûrement en tête ces seaux appelés chaudière accrochés aux troncs pour recueillir la coulée de sève. Mais non, ce n’est pas déjà du sirop qui s’écoule, et c’est toute une technique pour arriver jusqu’à tes pancakes.
Les cabanes à sucres sont donc le lieu parfait pour découvrir ce terroir et en savourer le résultat. Choisis en une au coeur d’une érablière si tu veux profiter du décor naturel.


Comment choisir sa cabane à sucre ?

Vaste question ! Pour quelqu’un qui a du mal à choisir comme moi, l’offre peut donner le vertige. Et quand on en teste une pour la toute première fois, on a envie de choisir LA bonne.
Pour t’aider, voici quelques questions à te poser :

  • Plutôt traditionnelle ou innovante ?
  • Manges-tu de tout ?
  • Quelles activités à faire autour ?
  • A quelle distance de ta ville ? (en l’occurrence, Montréal pour moi)
  • Cabane connue qui a fait ses preuves ou petite érablière en tout petit comité ?

Dans mon cas, et après moult hésitations, j’ai jeté mon dévolu sur la Cabane du Domaine Handfield. Pourquoi ?

– Elle propose un menu adapté dans une version végétarienne.
– Reste malgré tout traditionnelle, avec un menu simple qui reprend tous les codes du menu des sucres.
– Son tarif est raisonnable, notamment en semaine au prix de 23$
– Elle se trouve à moins d’une heure de Montréal
– Le coin de Mont-Saint-Hilaire propose une jolie opportunité de randonnées, dans la réserve naturelle de Gault
– Le Spa nordique Strøm est également à coté, et ça sera une parfaite manière de clôturer la journée…

Quand on a enfin choisi sa cabane


Se rendre à la Cabane Handfield depuis Montréal

Nous n’avons pas de voiture (je songe sérieusement à pallier à ça, ça nous freine pas mal coté spontanéité…), il faut donc d’abord trouver un véhicule disponible et pas très cher. Direction l’application Turo ! Tous frais compris, la journée nous revient à 41$ (+18$ d’essence), avec 200km compris (variable selon le particulier à qui tu loues).
Un des gros avantages de cette application est de pouvoir ramener la voiture à une heure tardive, 23h30 dans notre cas, ce qui nous a bien rendu service (sauf quand on doit trouver une place pendant presque une heure le soir pour la rendre et que le loueur dort déjà).
Notre réservation pour la cabane a été prévue pour 13h et se trouve à environ 50 min. On en profite donc pour faire des courses dans un Wallmart sur le chemin. La joie de ne pas ramener ses sacs de courses à la main…


L’arrivée à la cabane :

La route passe très vite et nous arrivons sur le parking du domaine Handfield. En ce mercredi, il n’est pas plein mais les fins de semaine sont assurément moins tranquilles.
Pour se rendre à la cabane, 5 petites minutes de marche sur un sentier au milieu des érables avant de voir apparaitre la belle maison en bois rouge. Magnifique. C’est dans ces moment-là qu’on réalise d’autant plus sa chance et le bonheur de pouvoir vivre tellement de premières fois.

Tu imagines ? S’expatrier te donne l’occasion de voir et vivre des choses que tu n’avais jusqu’alors vu qu’en photo ou dans ton imaginaire. Mais nul besoin de traverser les océans pour se donner comme objectifs de poser le plus de nouveaux décors possibles devant ses yeux. C’est en tout cas ce que j’adore dans cette vie ailleurs : voir et faire beaucoup de choses pour la toute première fois. La découverte presque au quotidien, même dans le plus insignifiant détail.
Oui, ces 5 petites minutes de marche m’ont fait partir dans mes pensées 🙂



Cabane Handielfd, tu m’as séduite au premier coup d’oeil, mais voyons voir ce que tu as (à mettre) dans le ventre !


La bouffe la bouffe la bouffe !

Dès l’entrée, le décor est posé, tout respire le Québec, et nous devinons une des salles principales et ses grandes tablées. L’atmosphère est ultra chaleureuse, la décoration présente et typique, les serveuses affairées mais souriantes. On paye directement à l’arrivée, re confirme notre réservation et l’option végétarienne et on suit notre serveuse jusqu’à notre salle.
Coup de foudre immédiat : les grandes tablées, les nappes à carreaux, les jolies fenêtres et les guirlandes lumineuses qui ornent les poutres authentiques…On s’y sent bien et j’ai tellement hâte de commencer les festivités…

Ici tout le monde mange ensemble, assis sur les mêmes bancs mais chaque emplacement est délimité par les portes couverts et condiments en bois.
Je suis super contente de notre petit coin à nous, en bout d’une des tables non centrales. La belle lumière du soleil réchauffe encore le lieu. Des feux de cheminées sont allumés, de la musique folklorique est diffusée (pour les groupes en live, ça sera les samedi et dimanche) l’ambiance est détendue, festive finalement plutôt calme.


Un petit carton vert « végétarien » est posé à coté de mon assiette.
Sur la table sont déjà disposés une carafe d’eau, du pain tranché et du beurre, des crétons, un pot de salade de choux et les trois condiments maison : pickles, marinade de betterave et ketchup aux fruits. Et bien sur, une bouteille de sirop d’érable.
Café, thé et lait sont également compris dans le menu.
Une agréable serveuse m’indique les options végétariennes sur le menu présent sur la table et m’annonce qu’elle m’apporte mes crétons de lentilles.

Le menu traditionnel façon végétarien

Premier round ? La soupe de pois !
Je suis très soupe de façon générale, et celle-ci a été particulièrement à mon goût. Vraiment savoureuse, réconfortante et pleine de saveur. J’ai adoré la bonne pointe de romarin.
J’en aurait volontiers repris mais la suite ne tarde pas.



Second service ?
Une grosse omelette, des petites pommes de terre bouillies en robe des champs, des fèves au sirop d’érable et un chili végétarien aux patates douces.
Mes crétons aux lentilles (sorte de rillettes à la québécoise) viennent compléter le tout. Pour les végétariens qui sont habitués au végépaté ici, c’est un peu similaire. La texture est fondante et un peu farineuse, le goût agréable mais manque pas mal de sel, surtout à coté des autres mets. Pas grave du tout, j’en ferai même un sandwich à emporter en fin de repas en les tartinant entre deux grosses tranches de pain. Parfait pour manger sur la route ce soir 🙂

Le chili, s’il n’est pas typique, à le mérite d’être proposé, et est très bien réalisé. Il est complet, en associant les haricots rouges, les patates douces (très bonne idée!) et du tofu. En mélangeant les plats plus riches avec les betteraves marinées et la parfaite salade de choux, acidulée et légère, on arrive à avoir un repas vraiment équilibré. Sincèrement, j’aurai largement assez mangé en me resservant des autres plats. Je salue tout de même encore une fois la possibilité de ne pas se sentir lésée quand on ne mange pas de viande.


Si tu n’es pas végétarien :

De viande, parlons-en justement. Dans le menu classique, tu trouveras un ragoût de boulettes, du jambon fumé au bois d’érable cuit sur l’os en gros morceaux et des saucisses. Les cretons eux, seront dans leur classique version au porc.
Et surtout, tu auras droit à une bonne portion des fameuses oreilles de crisse, des sortes de croustilles (chips) de lard salé avec couenne et frites dans l’huile. Tour un programme !

Le fait de savoir que l’on pourra emballer les restes pour ne rien gâcher te permet de rester raisonnable.
Tout le repas se déroule merveilleusement bien, les serveurs sont agréables et efficaces. Le seul petit bémol est le pincement au coeur de ne pas partager ça avec tes proches. Clairement, chaque découverte donne envie d’être vécue « en vrai » avec eux. Heureusement, le blog est aujourd’hui là pour retranscrire au mieux son vécu 😉

J’ai gardé un tout petit peu de place…prête pour les desserts !


Les desserts dans une cabane à sucre

Là encore, une liste de sucreries traditionnelles sont au menu des cabanes à sucre.
Au programme :

  • crêpes (ici en format mini), parfaite occasion de tester le sirop d’érable dans sa version la plus classique
  • beignes (donuts) imbibés de sirop
  • petites tartes au sucre, avec une pâte croustillante au bon goût de beurre. Finalement pas trop sucrées ni écoeurantes mais je me suis contenté de les goûter
  • gâteau du bûcheron, sorte de muffin légèrement épicé que l’on a gardé pour le déjeuner du lendemain

Sur demande, des oeufs au sirop et des galettes au sarrasin.

Je n’ai pas souhaité sur le moment mais je regrette fortement de ne pas avoir testé à l’heure où j’écris ces lignes. Ne jamais avoir les yeux moins gros que le ventre enfin !


Encore un peu de sucre ? Place à la tire sur la neige !

Après quelques thés et cafés, la salle s’est presque entièrement vidée. Je prend le temps de profiter, et de faire le tour du reste de la cabane. Je découvre d’autres salles et je m’imprègne encore un peu de ce cadre charmant, authentique et accueillant.
Au-delà de l’aspect culinaire, c’est vraiment cette culture que j’étais venue découvrir. M’imprégner d’une histoire et d’un savoir-faire ancestral.
Un piano trône à coté de sièges à bascule et de fauteuils confortables, un grand poêle à bois chauffe le sirop, les poutres taillées à la hache accompagnent mon voyage au coeur des érablières d’antan.



Dehors, le soleil est encore là et j’aperçois un magnifique chat noir qui espère attirer l’attention des personnes qui lui préfèrent la tire sur neige.
L’ensemble m’intéresse, à moi les suçons ! (pas de méprise, c’est comme ça qu’on appelle les sucettes ici)


L’ambiance est joyeuse, bon enfant, et nous nous retrouvons d’autres clients dehors, tous rassemblés autour du maitre de cérémonie, qui fait couler religieusement le précieux liquide sur l’étendue de neige.
Il n’y a plus qu’à piocher un petit bâtonnet en bois et confectionner soi-même son suçon à l’érable.

Ca a quel goût ?

C’est délicieux, naturel, sucré juste comme il faut. J’adore la texture souple recouverte de petits cristaux de neige. Le piège est de les enchainer un peu trop vite, mais tu sais quoi ? C’est super bon pour toi le sirop d’érable ! Plein d’antioxydants et de cet ingrédient magique qui te fait sourire et pétiller les yeux. Je t’assure, c’est imparable.

J’en ai mangé trois ou quatre, entre trois ou quatre câlins avec un de plus gentils chats du monde. (Si tu passes par là, passe-lui le bonjour stp.)
Un vrai bon moment convivial et chaleureux à faire durer.

Je discute un peu avec le très gentil monsieur sirop d’érable qui habite lui-même dans la région. Il valide notre idée de poursuivre la journée au Mont-Saint-Hilaire à 30 minutes de là pour une randonnée, même si le sentier du pain de sucre (décidément) lui semble assez ambitieux après ce repas et le temps qui commence à se rafraichir.
Qu’à cela ne tienne, on est du genre téméraire ! Difficile de quitter le lieux tellement on s’y sent bien, mais j’ai fais le plein d’énergie et de bonnes ondes et je ne me sens même pas trop lourde.

C’est parti pour éliminer !


Le bilan ?

Ultra positif ! Une première fois totalement validée. J’ai adoré le choix de la cabane, l’atmosphère détendue, le repas.
Le fait d’être venue en semaine a permis de profiter de moments plus calmes. Nous n’avons pas compté les minutes et nous sommes restés presque 3h sur place, sans se sentir pressés.
Le seul bémol est de ne pas avoir découvert en détail la transformation de l’eau d’érable de son extraction jusqu’au sirop. J’adorerais participer à un atelier ou une visite pour en apprendre le plus possible.

Le fait de pouvoir enchainer ensuite avec un joli coin de nature dans la réserve Gault (qui ferme à 18h30, attention) est par contre tout simplement parfait, et je ne te parle même pas de la conclusion dans un Spa que j’allais vivre ensuite et que tu peux lire ici (également proposé sur place au Domaine Handfield si tu ne peux plus bouger).

Cabane à sucre, randonnée et expérience thermale dans une seule et même journée à moins d’une heure de Montréal…
C’est beau, ça rime, et c’est tout ce que je te souhaite.

Tu les vois les yeux qui brillent ?

Infos pratiques

: La cabane à Sucre Handfield, 190 Rang des Soixante, Saint-Marc-sur-Richelieu, QC J0L 2E0
Quand : du mercredi midi au dimanche soir, prolongé jusqu’au 11 Mai
Quoi : Un menu traditionnel, mais également sans viande, sans porc et/ou sans gluten
Combien : de 23$ à 29,5$ selon le jour

Française installée à Montréal, minimaliste/multipassions : nature, animaux, bien-être, adrénaline. Espère t'intéresser, te faire voyager, échanger avec toi et changer le monde.

4 Comments

  • Jerry Kan

    Des périples passionnants, des bons plans, du rêve et un dépaysement total dans les lignes que tu nous offres jours après jours avec tant de passion.✨🖤
    Merci ! Merci ! Merci !
    Vivement la suite !

  • dark valkyrie

    moi qui mange du sirop d’érable tous les jours ♥ je suis ravie d’apprendre comment c’est fabriqué « en vrai »!
    merci du partage!
    mmm la bonne bouffe roborative, et le beau chaaaaaat!! ♥♥♥

    • Marge

      Ouiii, Dark Valk ici, merci beaucoup pour ta visite et ton commentaire. Tu as vu ça, c’est le royaume du sirop d’érable, c’est tellement génial de pouvoir le voir dans son milieu naturel ^^
      Une bien belle découverte, à tous les niveaux !

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