Réagir en cas de vol en voyage au mexique
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Road-Trip Mexique 6/7 : Se faire voler en voyage.

Voyager comporte des risques. Parmi eux, celui tant redouté de se faire voler. Ce qui m’est arrivé à Tulum quelques jours avant la fin de mon road-trip mexicain autour du Yucatan. Cet article va donc te raconter cette mésaventure, pour t’éviter de passer par ce genre d’épreuves, et te montrer aussi la réalité. Retour en toute transparence sur ce souvenir douloureux qui n’a pas pour autant éclipsé toutes les merveilles que j’ai vécue et gardé précieusement, elles. Ce récit pourra peut-être t’aider s’il t’arrive le même problème. J’espère surtout qu’il t’évitera de passer par là.


Bon. Voilà donc venu le moment d’aborder la grosse épreuve qui a assombrit ce voyage. J’aurai pu le balayer ou vouloir le cacher. Mais je pense qu’il sera bien plus utile d’en parler avec honnêteté, car non, tout n’est pas toujours parfait en voyage. A l’ère où l’envie de ne garder que le meilleur frôle avec travestir la réalité, je pense que l’on gagne au contraire à montrer aussi ce qui touche de nombreux globe-trotteurs à un moment où un autre. Que ce soit une maladie, un accident, une agression ou encore un vol.
Heureusement, dans mon cas, je n’ai eu à subir que le choc de voir mes affaires disparaitre, mais je n’ai pas eu à rajouter la moindre violence physique à ça.

Tu t’en rappelles si tu suis ce voyage depuis le début, j’étais rentrée de mon excursion à Sian Ka’an, et je me remettais de mon insolation.
La nuit a été assez reposante et salutaire. Je me réveille dans ce Airbnb que je n’ai pas envie (ni la force) de quitter en fin de matinée. Malheureusement, étant loué pour le soir-même, nous devons le libérer à l’heure convenue. Un détail qui changera toute la suite du voyage.


Début de journée en demie-teinte à Tulum

Nous voilà donc dans la voiture, à la recherche d’un endroit où déjeuner pour commencer la journée doucement.
Un de mes rêves en passant par Tulum était de voir des tortues de mer en liberté, sur la bien connue plage d’Akumal.
Nous avons toute la journée devant nous avant de rejoindre l’île d’Holbox pour finir le voyage.


L’éthique discutable de l’observation de tortue de mer à Akumal

Cependant, j’ai des doutes concernant cette activité.
En effet, j’ai lu beaucoup de choses qui ont pu freiner mon envie : les tortues seraient de moins en moins nombreuses et poussées artificiellement à rejoindre les bord de plage pour contenter les touristes.
Ces derniers ne seraient pas toujours respectueux et iraient jusqu’à les toucher, avec tout le stress que cela comporte pour elles.


Les bons spots seraient payants, très encadrés et balisés. Enfin, il faudrait nager au-delà d’une certaine limite pour les apercevoir…
D’autant que quoi qu’il arrive, les premières heures de la matinée seraient bien sûr plus favorables, ce qui est déjà compromis.

Autant de raisons qui compromettent franchement la réalisation de ce rêve, qui s’apparente plus à un caprice au vue de ces éléments objectifs.
La chaleur est déjà étouffante. Après quelques recherches autour de nous, je trouve un café végan, « La Hoja Verde » qui semble proposer de bons brunchs. Pas envie d’aller plus loin même si je ne suis pas forcément inspirée par ce coté « hype » en cette ville de Tulum.


Déjeuner à Tulum et choix discutables

Nous optons pour deux choix différents et un smoothie. Le tout s’avère plus que décevant, les deux plats sont fades et peu généreux. Vraiment dommage, surtout quand on joue sur l’aspect vegan mais que le goût ne suit pas.
On profite malgré tout de la terrasse ombragée.
Après ce moment, on décide d’aller tout simplement dans un supermarché pour chercher un peu de fraicheur. Cette journée était déjà en demie-teinte, et ma faiblesse rend le tout un peu boiteux. On va et vient dans les rayons de ce magasin que l’on connait déjà, dont le parking avait servi aux participants de l’excursion de la veille.

Après cette visite quelque peu absurde, on roule et décide de s’arrêter dans un autre supermarché, pour y acheter une boisson electrolyte. Ce magasin aussi, nous le connaissons déjà, c’est ici que nous nous sommes déjà ravitaillé en ce liquide guérisseur. Mais cette fois, on y va en coup de vent.
C’est ce qui se passe, je me réfugie dans les rayons frais du supermarché et 5 minutes plus tard, nous retrouvons la voiture.


Se faire forcer sa voiture : le choc du vol

Là, cette phrase glaçante d’une voix blanche de mon partenaire « les sacs, il n’y a plus les sacs »
En une seconde, l’horreur. Le choc, l’abattement le plus total. Moi, qui ignorais qu’il les avait laissé à l’avant de la voiture, à peine cachés sous le siège. Lui qui sort en trombe, vérifie le coffre, partout. La portière ne présente pas de traces, mais je sais déjà que c’est foutu.
On s’est fait voler nos deux sacs à dos remplis de l’essentiel. Heureusement, pas nos papiers ni cartes bancaires.


Le valise remplie de fringues sans importance est dans le coffre. Non non, ce qui a été volé c’est l’intégralité de mon matériel photo et vidéo, remplis de cette semaine magique et de tout mon travail à venir pour le blog. Mon reflex Canon, mes objectifs, ma caméra G7x toute neuve sortie de sa boite 10 jours avant et son stick acheté pour l’occasion.

Ca résume plutôt bien…

Mais encore des affaires sans valeur mais indispensables : un maillot, mes serviettes microfibre et une que j’avais ramené de chez moi en France. Nos batteries portatives pour nos téléphones ainsi que les câbles des chargeurs. Produits solaires, après solaires et anti moustiques. Casquette. Et même deux bières offertes dans le Airbnb précédent, et ce délicieux pain aux graines et caramel que je gardais précieusement de l’excursion avec Ursula.


Constater les dégâts du vol

En ouvrant la boite à gants, je découvre avec dépit que ma trousse à maquillage a également disparu. Celle remplie de mes essentiels, dont des pinceaux que je gardais comme des reliques depuis plus de 10 ans et un de mes produits cultes et discontinué. La plus petite partie de superficiel mais si intime, symbolique et personnelle.

Ma réaction est rapide, intense et enragée. Je sors en trompe de la voiture et hurle des « non » en boucle. Prends à partie les gens autour, des vendeurs ambulants qui ont forcément vu et/ou participé. Je sais qu’ils ont certainement joué un rôle et ça me rend folle. Les voleurs ont agi il y a 5 minutes à peine, ils ne doivent pas être loin. Pourtant, nous nous retrouvons la tête dans les mains, impuissants, blessés, désespérés. A faire les cents pas autour de la voiture. On balbutie dans un espagnol rendu encore plus pauvre par le choc. Tout le monde nous regarde à présent.

La même chose sous un soleil de plomb


Chercher de l’aide en cas de vol

On tente d’obtenir de l’aide auprès du magasin. Il n’y a apparemment pas de caméra de surveillance sur le parking…Je me sens désemparée, abandonnée, écoeurée. Nous allons parler à un stand de vente de rue un peu plus loin sur le parking. Personne n’a rien vu, personne ne parle. Un employé de magasin nous retrouve et m’explique qu’un de ses amis parle français. Il l’appelle et me tend le téléphone. Je me retrouve à parler à un inconnu et lui expliquer sans détour la situation. Sans savoir quoi en attendre, comme si j’avais juste besoin de me déverser. Il me dit que la police ne sera certainement pas d’une grande aide mais m’indique où aller pour lancer une procédure.

Allo monsieur l’inconnu ? Ca va pas du tout.

Je le remercie, et retend l’appareil. Dur de quitter le lieu où ça s’est produit, l’impression de laisser le coupable s’en tirer. De renoncer trop vite à récupérer mes put**** d’affaires. Je pense à mes cartes mémoires remplies de moi, de nos photos, de notre travail. Souvenirs souriants de la famille maya et leurs valeurs. Paysages magnifiques et naturels. Vidéos où je me livre en prévisions de futurs et tous premiers « vlogs ». Tout. Tout est maintenant entre les mains de gens qui ont salis et gâchés tout ça. Ou déjà jeté au sol et perdus à jamais. Je ne pense qu’à ça, récupérer ces précieuses cartes. Le dépit est étouffant, tout comme la culpabilité, la colère d’avoir été si naifs et imprudents.


Déclarer un vol au Mexique

En route pour le poste de police, ou du moins ce qu’on en a compris. Nous arrivons à la première étape, pour déposer ce qui ressemblerait à une plainte. Arrivés à un guichet, on essaye tant bien que mal d’expliquer la situation. Une horreur, et mon espagnol déjà plus que bancal devient franchement inexistant. On comprend par contre que la personne en face de nous ne fera rien pour nous, pas même enregistrer une quelconque déclaration. Il nous indique que nous ne nous trouvons pas au bon endroit pour ce cas de figure.

Avec ces informations floues, nous revoilà revenus sur le parking du supermarché. Au bout de quelques minutes, nous croisons justement une voiture de police et les arrêtons. Je balbutie mon histoire, et la policière me désigne mon smartphone que l’on va utiliser comme traducteur en direct.
On se comprend enfin, et les policiers dégainent des documents à signer. Malgré les doutes et l’incertitude, je suis quand même un minimum rassurée. Je remplis les papiers, je donne mes coordonnées, on leur explique nos suspicions sur les personnes présentes sur le parking. On espère un miracle, retrouver un des sacs abandonnés dans une poubelle, un suspect, n’importe quoi.

Déclarer son vol materiel à la police Mexicaine : une certaine idée du voyage


Déclarer les pertes du vol

Enfin, dernière étape, indiquée par la police. Nous rendre au FGE : Fiscalia General del Estado pour enregistrer notre perte et recevoir ainsi un document officiel qui pourra servir aux assurances. C’est le seul moyen de déclarer ce que l’on a perdu.
Essentiel si tu as une assurance qui peut couvrir ce genre de situation. Evidemment, ce n’est pas mon cas. La dernière caméra a été achetée par mon meilleur ami en France avec sa carte bancaire avant que je lui fasse un virement. Si je l’avais payé au Canada avec ma carte de crédit, j’aurai été couverte à 100%, m’étant fait voler dans les trois mois suivant l’achat.
Mon reflex date d’il y a 10 ans. Etant en sous-location, je n’ai pas d’assurance logement (grossière erreur). Ces biens étaient mes seuls et uniques objets de valeur.

Nous savons donc que cette étape sera sans effet, mais on tient à la faire quand même.
Une fois arrivés dans le bâtiment, nous nous sentons complètement perdus et isolés. Personne ne nous calcule. On ne sait ni exactement pourquoi nous sommes là, ni si c’est le bon endroit. Et après avoir eu un premier interlocuteur et avoir pu placer le mot « vol », c’est parti pour l’attente.

A bout de presque une heure, nous sommes reçus dans un bureau. Après avoir expliqué la situation, on comprend que pour obtenir ce document officiel, il va falloir payer l’équivalent de 15 euros. J’ai encore la force de m’en irriter, et de placer cette fois le mot « bullshit », oubliant le peu de bienséance que l’on peut avoir dans ce genre de situation. Ils n’acceptent pas le cash. L’employée fini par payer avec sa propre carte et prendre notre argent.


Les formalités administratives en cas de vol au Mexique

Dans un second bureau, je déclare l’intégralité de la perte. Je prends encore plus conscience si besoin était de ce qu’il s’est passé. Je suis abattue. J’ai envie de rentrer chez moi, je ne veux plus être ici. J’ai honte, je m’en veux, j’en veux à mon compagnon, je refais la scène 1000 fois, nous revois à rire comme des idiots dans les rayons du supermarché. Ironiser sur cette belle étape du voyage.
Je revois mes envies et mes objectifs (ceux que j’avais en tête, pas ceux que l’on m’a volés…pas que). Ce blog que je voulais enrichir, mes premières vidéos à venir, ce sentiment d’injustice.
Clairement, j’étais dans un état affaiblie par l’insolation de la veille, notre vigilance abaissée.

Mon compagnon est pourtant la prudence même, toujours s’inquiéter de nos affaires, toujours penser aux vols potentiels, aux dangers. Sauf cette fois-ci, oui. Je n’en revenais pas de cette imprudence incompréhensible.
De mon coté, je suis légère sur ces sujets, limite imprudente oui. Et je m’en suis entièrement remise à sa responsabilité sur ce point. Ca m’a appris à quel point c’est une erreur grossière, et que jamais personne d’autre que soi n’est mieux placé pour prendre soin de ses propres affaires. Vidée et sous le choc, je n’ai pas cédé à la crise de colère contre lui, qui était au moins aussi atteint que moi.


Rebondir après le choc du vol

Sur le moment d’ailleurs, j’ai très (trop) vite surmonté le choc premier. Je n’ai pas versé une larme, ai gardé un certain calme. Pas le choix, les affaires étaient parties, disparues. C’est plutôt un gros découragement qui a pris le dessus.
Le fameux papier signé en double exemplaires, nous repartons avec ce souvenir du vol, espérant y trouver une utilité.
Il est déjà presque le milieu d’après-midi. 2h30 de route nous attendent pour aller à Chiquila puis Holbox en bateau.
Cette perspective n’éveille à ce moment-là plus d’interêt. Mais la route permettra au moins de laisser cette ville derrière nous, et d’essayer de regarder devant, littéralement.

Avant de rouler, passage obligatoire dans un Oxxo pour y acheter des câbles en vue de recharger nos téléphones. Problème, le port usb de la voiture ne fonctionne pas, il faudra attendre la prochaine étape pour se recharger…
Nous voilà donc en route pour un trajet plutôt lourd. Bien-sûr, la discussion va beaucoup revenir sur ce qui vient de se passer, entrecoupée de moments de philosophie et de rires nerveux. Les paysages défilent, la journée s’adoucie. En route, tu le verras, une belle surprise m’attendra.
En attendant, retour sur quelques conseils pour éviter cette situation et savoir comment réagir en cas de vol.


A retenir en cas de vol materiel au Mexique


Prévenir le vol et conseils pratiques de sécurité

  • Garder toujours tes papiers et argent sur toi. Je te conseille une pochette plate que tu garderas sous ton t-shirt en toute circonstances.
  • Avant de partir, prévois une photocopie de tes papiers d’identité et permis de conduire que tu garderas précieusement. En cas de contrôle, tu pourras les donner au lieu de laisser tes originaux à qui que ce soit, même la police.
  • Ne laisse JAMAIS tes affaires sans surveillance. Même quelques minutes, même dans une voiture fermée.
    On le sait, c’est un fait objectif et vérifié : nous sommes des cibles de choix en voyage. Sac sur le dos, langue étrangère, appareils coûteux en main, autant porter un signal lumineux qui pointe sur nous. Pour autant, des gestes évidents de sécurité sont à rappeler, pour les plus naifs et les trop détendus.
  • Vider tes cartes mémoires chaque jour si possible. Pour ceci, je cherche encore la méthode la plus sûre et pratique car prendre un ordinateur portable va un peu à l’encontre de voyager léger et en diminuant les risques. Après ma mésaventure, je me suis penchée sur la question et la solution me semble être un disque dur qui permet la copie de carte SD en direct.
    En plus de cette sauvegarde physique, l’idéal est de pouvoir le faire en ligne également, et multiplier ainsi les chances de récupérer les photos même en cas de vol de tout le materiel. Car c’est bien ce qui est irremplaçable et unique…


Les bons reflexes si le mal est fait

  • Garde ton calme. Demande de l’aide autour de toi si tu es entouré de locaux.
  • Au-delà d’une plainte à la police qui sera toujours tranquillisante mais malheureusement le plus souvent sans conséquence, cherche surtout une FGE : Fiscalia General del Estado. C’est ici que tu pourras déclarer les pertes financières de ton vol en vue d’une prise en charge de ton assurance. Par exemple, celle de Tulum.
  • Pour la plainte à la Police, mon expérience est d’aller directement à leur rencontre sur le terrain si tu as la chance de les croiser. Ma tentative à un poste de police a été sans effet.
  • Eventuellement, si tu en as le temps et le courage, fais le tour des poubelles et des magasins de seconde-main autour du lieu du vol. De bons moments en perspective…

Surtout, essaye de vite enchainer sur la suite. Ne reste pas bloqué sur une perte qui risque fort d’être définitive. Pleure un bon coup si besoin, hurle des insanités, mais continue le voyage.
Continue de rêver, continue de voir ce qui t’a conduit ici, maintenant.


S’il t’es arrivé un soucis du genre en voyage, écris-moi en commentaire.
Si tu veux compatir, fais pareil !
Je me suis sentie très seule dans cette situation, mais j’ai eu la chance d’être vite très entourée de mes meilleurs amis à distance. Ca m’a énormément aidé, y compris financièrement via une cagnotte et j’en profite pour les remercier une fois encore.

Française installée à Montréal, minimaliste/multipassions : nature, animaux, bien-être, adrénaline. Espère t'intéresser, te faire voyager, échanger avec toi et changer le monde.

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